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Couleurs printanières, TownsvilleTownsville. A notre arrivée, nous n'avons qu'un seul désir: nous reposer le corps et l'esprit après ces semaines de navigation en demi-teinte.D'ici quelque temps c'est sûr, nous aurons fait le ménage et retenu que les bons côtés mais pour l'heure, cette expérience est encore trop proche, trop présente.

Notre débarquement sur le sol australien se présente pourtant sous de bonnes augures. C'est en effet le douanier même qui vient de nous contrôler sur le voilier qui nous propose de nous emmener.
- Montez dans ma voiture, nous invite-t-il. Je connais l'adresse d'un backpacker pas très loin d'ici.

Enchantés par cet accueil qui nous rappelle un peu une fameuse nuit passée dans un poste frontière argentin en Terre de Feu, nous chargeons nos lourds sacs à dos à l'arrière de sa Ford Falcon . Nous en aurions presque oublié les 35 kg qu'ils pèsent à eux deux !
- A moins que tu ne veuilles conduire, c'est de l'autre côté ! s'exclame le douanier hilare en me voyant me diriger vers la porte avant droite du véhicule.
- Ah oui, c'est vrai que vous conduisez du mauvais côté ! plaisantai-je aussitôt…
- Non, c'est vous ! reprend-il avec un large sourire... Je m'arrête juste quelques minutes au bureau pour faire la saisie informatique de votre arrivée. Après je vous emmène, ok ?
- Ok, pas de problème ! Terrasse de notre backpaker
Il fait déjà nuit noire comme nous entrons dans les locaux au style très ancien. Fatigués physiquement et mentalement, cette aide providentielle nous évite un cheminement qui, nous le savons d'expérience, aurait pu être long dans ce port du Queeensland que nous ne connaissons absolument pas. Il est près de 21h et la chaleur étouffante de cette fin de printemps nous annonce la couleur.
- Vous prenez une bière ? nous propose le douanier qui glisse déjà une main dans une caisse à quelques pas de son bureau.
- ... avec plaisir ! répondons-nous en chœur avant de plonger nos lèvres dans notre première bière australienne.
Quelques minutes plus tard, 'notre' douanier nous dépose devant un backpacker, un de ces hôtels pour voyageurs sacs au dos. Prétendus bon marché, ces hôtels un peu spéciaux dont l'Australie regorge, proposent chambres simples et doubles, mais également des dortoirs qui peuvent aller jusqu'à 20 lits… Plutôt très jeune, - en tout cas plus jeune que nous qui nous sentons déjà vieux !- , la clientèle est souvent plus 'fêtarde' que routarde. Terrains propices à des rencontres espérées sur des fonds de musique qui se moquent bien souvent de celui ou celle qui ose espérer dormir à 23h sonnées, les backpackers sont un business florissant si l'on en croit la densité de leur implantation dans les endroits touristiques. Plus chers qu'un Formule 1, souvent beaucoup moins calmes et confortables, ils présentent toutefois l'avantage d'offrir une cuisine commune où les budgets les plus serrés font leur tambouille avec la vaisselle mise à leur disposition. Et quand on parle d'installations Cuisine commune du backpakercommunes, il faut également évoquer un minimum de règles de bon sens que chacun est invité à suivre… Et là, nous devons déjà être de vieux cons. Vieux cons particulièrement ronchons quand il s'agit de laver la vaisselle non faite par le précédent utilisateur, dans un évier dégueulasse à moitié bouché par les pâtes de ce dernier. Ronchons également quand il faut faire la guerre aux fumeurs pour qui être tolérants signifie trop souvent être libre de fumer dans des endroits où il est expressément interdit de le faire. Ronchons encore et toujours dès l'entrée des toilettes dont je vous épargnerai la description… Bardés de grands principes et d'idées généreuses où respect et tolérance figurent en lettre d'or, le voyageur des backpackers nous fait trop souvent regretter la toile de tente, notre 'chez nous' au grand air…

Pourtant, nous resterons à Townsville près de deux semaines au même endroit, dans le même backpacker… essuyant plus que de coutume les tables communes tachées, vidant les cendriers puants avant les repas, nous tiendrons pourtant le coup chez Jenny et Paul, les gérants néo-zélandais du backpacker le meilleur marché de la ville. Très sympa, le dynamisme de leur jeunesse palliant le manque évident d'hygiène de leurs pensionnaires de passage, ces Kiwis -comme ils se nomment eux-mêmes- vont nous offrir la possibilité de nous requinquer un peu. Reportage suivantReportage précédent