Reportage précédent Reportage suivant Bienvenue en Chine (Huan Yin Lai Zhong Guo)
ou... Bienvenue en Chine !

C'est à pied que nous traversons le pont qui enjambe le fleuve rouge -le bien nommé- et faisons notre entrée en Chine, au poste frontière d'Hekou. De ce pays, nous avons des tas de clichés, influencés par les guides que nous avons lu et les paroles des voyageurs 'ayant fait la Chine' ou 'connaissant quelqu'un qui y est allé'! Parfois même, l'informateur était de troisième, voire de quatrième main... D'expérience, nous savons que tout n'est pas à prendre pour argent comptant, sinon nous n'aurions d'ailleurs jamais quitté la France. Toutefois, la Chine nous impressionne un peu. Par sa taille et son nombre d'habitants moins que par la difficulté certaine que nous aurons à communiquer. Si nous sommes habitués à nous faire comprendre par gestes avec des personnes qui ne partagent pas la même langue, le plus ardu sera sans doute le langage écrit et la prononciation. Non que nous souhaitions nous engager dans l'apprentissage du mandarin en si peu de temps, mais ne serait-ce que reconnaître sur une carte un nom de ville et être capable de le prononcer correctement nous sera d'une grande utilité. Tout est ici écrit avec des pictogrammes qui sont- excusez-moi mais je ne pouvais pas le rater!- 'du vrai chinois' pour nous. Pour pouvoir lire un journal, on dit qu'il faut en connaître 1500 sur les 56000 existants. Ça laisse rêveur à côté de nos 26 lettres de l'alphabet, non? Si en France, un enfant lit et écrit en classe de CE1, un Chinois possédera rarement ces facultés à pareil âge, l'apprentissage est, on le devine, beaucoup plus long.
La prononciation est dite plus aisée. Pour les novices que nous sommes, cela reste néanmoins un casse-tête (chinois!!). Langue tonale, le mandarin possède 4 tons variant du grave à l'aigu. Selon la prononciation, une syllabe se comportera comme 4 entités complètement différentes. Ainsi, 'ma' peut vouloir dire: 'mère', 'chanvre', 'cheval', ou encore 'jurer'...
En lisant ces quelques explications introductives dans notre guide, nous espérons seulement que selon la prononciation, Beijing ne peut pas être confondu avec Shanghai ou Lhassa! Auquel cas, nous aurions beaucoup de difficultés à trouver notre chemin.

Le poste frontière de Hekou qui nous accueille maintenant est un grand bâtiment moderne, très propre. Derrière des comptoirs très semblables à ceux des aéroports, des fonctionnaires contrôlent et tamponnent. Dès notre arrivée, un homme en uniforme nous prend en charge. Bien qu'il ne soit pas anglophone, nous comprenons très rapidement comment remplir les cases du formulaire
intitulé en mandarin qu'il nous présente. Collé au mur en effet, un imprimé bilingue nous donne la clé du premier problème qui nous est posé. Au contrôle, une femme parlant parfaitement la langue de Shakespeare nous accueille avec un sourire que nous n'attendions pas.
- Vous êtes Français? Vous avez quelque chose à déclarer?
Lui rendant son sourire, nous lui répondons bien évidemment par la négative. A ses côtés, un tapis qui déjà dû voir quantité de bagages ouverts et disséqués, nous rappelle de biens mauvais souvenirs cubains, un pays vaguement 'frère'...
- Il pleut, vos sacs à dos sont mouillés, je ne vais pas vous les faire ouvrir, poursuit-elle. Allez, bon séjour en Chine! termine-t-elle en guise d'absolution populaire
chinoise.
Saisissant alors la balle au bond dans ce pays où on nous annonce peu d'anglophones, je me risque alors:

- Excusez-moi mais nous voulons rejoindre la gare ferroviaire. Pouvez-vous nous indiquer la direction à prendre, s'il vous plaît?
Transformée en guide touristique, la fonctionnaire se prête alors volontiers au jeu
et grâce à ses explications, nous arrivons rapidement à la gare toute proche.
Très moderne également, elle est très peu fréquentée à cette heure. Aux murs, les destinations, numéros de train et horaires sont affichés... en chinois uniquement, bien évidemment!
- C'est joli l'écriture chinoise, tu trouves pas? plaisante Caroline, à peu près aussi à l'aise que moi.

- Tu reconnais Kunming, toi là-dedans?
- ....
- Bon ben , on va se jeter à l'eau. Avec un peu de chance, la dame du guichet là-bas parle anglais.
- Avec de la chance, ouais... poursuit Caroline, sceptique.
Désigné d'office, je m'avance alors vers le guichet, croisant les doigts.
- Do you speak English?
- A little (un peu), se hasarde-t-elle, manifestement peu à l'aise.
Mais ce 'un peu' nous est largement suffisant aujourd'hui. Aidée d'un petit lexique, cette femme est quasiment bilingue pour nous! Et en dix minutes à peine, nous achetons deux places dans le train de 14h20 à destination de Kunming.
Nous sommes sauvés!
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