Reportage précédentReportage suivantAtterrissage en France!...

Les Caraïbes, vus du cielDès notre arrivée à l'aéroport du Lamentin, nous avons vraiment le sentiment d'avoir changé de monde. Ici, après un peu plus de 4 mois à l'étranger, nous avons un peu l'impression d'être de retour à la maison!. Oh bien sûr, la Martinique n'est pas tout à fait la métropole, mais jamais depuis notre départ, les références à notre 'chez nous' n'ont été aussi nombreuses. On y parle français tout d'abord, et notre environnement ne l'était plus depuis notre départ du Québec. La monnaie, les voitures, les panneaux, les publicités, les magasins, les policiers et gendarmes ( bon certes ils sont en short ridicule mais quand même!), les écoles et mairies, tout est comme chez nous!! Le sentiment premier que nous éprouvons est étrange, comme si nous venions de mettre un terme à notre aventure exotique...
Certes les températures qui avoisinent 30°C tranchent quelque peu avec l'hiver métropolitain, mais comme nous avons perdu tout repère temporel, ça ne nous choque pas outre mesure.

La Montagne PeléeVers 15h30, les sacs à dos récupérés, nous sortons de l'aéroport pour nous mettre à l'écart des flopées de 'métros' (c'est ainsi que sont appelés ici les blancs de la métropole) descendus du dernier gros porteur en provenance de Paris. 'Ah, qu'est-ce qu'il fait chaud!', entend-on déjà se plaindre une première femme pour qui s'applique à merveille la définition du tourisme que faisait un humoriste français dont j'ai oublié le nom : 'Le tourisme, c'est transporter des gens qui seraient mieux chez eux, dans des endroits qui seraient mieux sans eux.' Hé oui ma petite dame, quand on vient en Martinique en Février, il ne faut pas s'attendre à retrouver les températures que vous venez de quitter. Et les professionnels du tourisme n'ont pas encore réussi à modifier progressivement le climat pour que l'acclimatation soit moins brutale... Bon séjour, quand même!...

Une carte en main, nous tentons de réfléchir à la direction que nous allons prendre. L'île n'est pas grande mais quand on ne sait pas où on va, tout s'allonge subitement.
- Le sud, c'est trop touristique, il vaut mieux se diriger vers le nord, propose Caroline.Baie de Saint-Pierre
- T'as raison! C'est plus calme et mes parents préféreront le côté 'nature' et plus authentique du nord aux plages bondées du sud et son caractère surfait.
- En route donc!
Le sac au dos, une vague idée de la direction à prendre en tête, nous sommes heureux. Heureux de retrouver un peu de liberté à travers notre voyage nomade. L'inconnu de l'aventure en routards commençait à nous manquer...

Après deux heures de route et trois voitures, nous arrivons à Saint Pierre alors que la nuit est tombée : il est presque 19h00.
- T'as faim? interroge Yannick
- ... non, pas vraiment!
- Et bien on mangera mieux demain! Il va falloir trouver un endroit pour planter notre tente, ajoute Yannick. On verra demain pour la location.

Arpentant une des deux rues principales de Saint Pierre, nous ten
tons de nous renseigner sur l'existence d'un terrain plus ou moins vague où nous pourrions planter notre tente. Les réponses restent identiques et négatives. Passant alors devant l'église que jouxte le presbytère entouré d'une belle pelouse, une idée nous vient à l'esprit : Et si on demandait au curé un bout de pelouse ou un coin de garage pour passer la nuit? Nous ne l'avons jusqu'alors jamais fait, mais pourquoi ne pas tenter le coup? Nous sommes un couple, nous ne paraissons pas trop louches et nous sommes mariés chrétiennement! Si avec un CV comme ça, ça ne marche pas!!
Coucher de soleil
Baie de Saint PierreLa grille du presbytère étant fermée, nous contournons alors l'église pour nous retrouver devant l'entrée de la propriété d'une communauté de religieuses. A quelques mètres de nous, au bout de l'allée, une porte ouverte donne sur une salle à manger où dînent cinq ou six soeurs. Sonnant à la grille, une religieuse d'une quarantaine d'années s'approche de nous, inquiète :
- Oui, vous désirez? nous lance-t-elle froidement.
- Bonsoir ma soeur. Nous sommes un jeune couple effectuant le tour du monde, et nous recherchons un endroit ou planter notre tente. Nous n'avons pas les moyens d'aller à l'hôtel et nous recherchons un endroit pour passer la nuit..
- Ah oui... le curé est en déplacement en ce moment et il n'y a personne... répond-t-elle gênée.
Attention ma soeur, le Seigneur t'écoute et te voit malgré la pénombre... Comme Yannick ne semble pas avoir été assez clair, il remet une seconde couche sur la première pas encore sèche...
-
Nous avons pensé que vous auriez pu nous offrir l'hospitalité..., se hasarde Yannick. Nous n'avons pas besoin de grand chose! poursuit-il.
- Ah, non c'n'est pas possible... et je ne vois pas où vous pourriez planter votre tente! s'excuse-t-elle faussement.
A ses pieds, la pelouse peut accueillir dix tentes comme la nôtre!
- Notre 1er campement martiniquais...Peut-être sur la place, en haut, ajoute-t-elle en nous montrant la direction pour être sûre qu'on ne revienne pas l'importuner.
Ça va, on a compris! Sans la remercier (de quoi d'ailleurs), nous la laissons retourner terminer son repas qui doit refroidir. Apparemment, nous ne sommes pas venus à la bonne époque de leur apprentissage de la charité. Dans leur communauté, il n'y a pas d'examen pratique, et nous ne le savions pas! Seule la théorie est sanctionnée d'un diplôme et nous lui aurions demandé de nous réciter ce qu'était la charité chrétienne et l'accueil du prochain, elle aurait fait un sans faute!... Décidément, tout fout l'camp! Faudrait qu'le bon Dieu descende un de ces quatres pour revoir ses cadres. Ils sont en train de lui casser la baraque!...

Après une rapide visite sur la place qu'elle nous conseillée, au centre de la ville, jonchée de bouteilles cassées, nous nous replions sur le bord de mer où nous plantons notre tente à quelques mètres de la mer. Nous sommes heureux de nous retrouver dans 'notre maison', après plusieurs semaines à l''extérieur'. 'Un petit chez soi vaut mieux qu'un grand chez les autres'!....
Quelques minutes plus tard, le roulement des vagues nous berce déjà...

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