17 heures d'enfer!...

L'entrée au BrésilQuelques minutes nous suffisent pour traverser l'Oyapock, le fleuve frontière: nous venons d'entrer au Brésil. Dès notre arrivée à Oiapoque, nous réalisons combien il est difficile de communiquer quand on ne connaît pas la langue d'un pays. Avec le français, l'anglais et l'espagnol, nous avons toujours jusqu'alors pu communiquer sans trop de difficultés. Ici, tout devient différent et , même si le portugais et l'espagnol sont des langues voisines, il n'en demeure pas moins que les choses deviennent beaucoup plus compliquées... Et nous ne sommes pas encore en Chine!!
Les formalités d'entrée effectuées au poste de police, nous parvenons néanmoins sans peine à trouver un restaurant où un solide et agréable repas nous coûte 5 reais (environ 20 frs par personne).Une route d'enfer!...
Depuis Oiapoque, l'entrée au Brésil ne nous offre guère d'alternative. Une seule piste de terre dont l'état nous est annoncé 'difficile' la relie au reste du pays via Macapa, elle-même située sur le fleuve Amazone. 600 kms restent encore à faire, c'est à dire 15 à 20 heures de route selon les conditions. Plantés devant un arrêt de bus à la sortie de la ville, pancarte en main, nous nous essayons au stop sur cette unique piste de sortie peu fréquentée. Trois puis 5 puis 10 personnes attendent le bus et nous indiquent amusés, le passage d'une occasion. A leur regard, nous concluons que notre tentative n'est pas totalement ridicule... Après 3 heures sans succès, un bus sur le déclin de la compagnie Estrella due Ouro (l'Étoile de l'Or!!) et affichant la destination 'Macapa' stoppe à l'arrêt. En passant à la compagnie de réservation cet après-midi, on nous avait dit que le bus était complet et qu'il n'était plus possible d'acheter de ticket. Ne risquant qu'un refus de la part du chauffeur, nous annonçons la destination et à notre grande surprise, nous nous voyons invités à monter avec nos sacs. Bourré à craquer, c'est à grand-peine que nous parvenons à nous glisser dans le fond du bus que nous indique le contrôleur. Debout comme une vingtaine d'autres personnes, c'est accrochés aux barres prévues à cet effet, les sacs superposés dans l'allée centrale que nous entamons ce voyage qui sera, jusqu'alors, le plus éprouvant que nous ayons connu...
Courage Caroline!
 il ne reste plus que 12 heures de route...Défoncée, la piste est en plus détrempée. Ainsi, nous passons des soubresauts réguliers style 'tôle ondulée' aux grands sauts du type 'nid de poule que j'avais pas vu ou que j'ai pas pu éviter' aux glissades plus ou moins contrôlées... Mais maintenant que nous y sommes, nous n'avons plus qu'à espérer que tout ira bien... Après 3 heures de voyage, nos jambes commencent à défaillir et nos bras en hauteur fatiguent sérieusement. Il va donc falloir trouver une autre position. Assis à même le sol, puis sur nos sacs, nous sommes rapidement transformés en serpillières. Situés à hauteur des roues arrière de ce bus usagé aux suspensions fatiguées, nous absorbons tous les chocs que la piste nous impose. L'équilibre très précaire de la situation nous oblige à nous tenir pour ne pas nous cogner contre les accoudoirs.
Après 7 heures de route, nous sommes H.S., KO, KO! Et la route est encore longue! Regarder Paris-Roubaix à la télé, c'est de la rigolade... D'une recherche de position à une autre, les heures défilent péniblement et l'état de la chaussée nous interdit tout sommeil réparateur. Quand la position assise devient inconfortable, nous revenons à la station debout... avant de se rasseoir à nouveau! Bref, ce voyage est exténuant et, quand nous arrivons à Macapa vers midi, après 17 heures de piste et une petite heure de sommeil, nous nous sentons libérés. Exténués mais heureux que ce voyage, qui est à ce jour le plus inconfortable que nous ayons jamais fait, se termine enfin.
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